L’ouverture de ce procès à Kissidougou révèle une fois encore l’ampleur des scandales fonciers qui gangrènent notre pays. L’affaire opposant la famille Traoré aux cadres Moussa Boss Camara et Aboubacar Cissé n’est pas un cas isolé. Elle illustre parfaitement comment certains responsables, censés protéger le patrimoine collectif et privé, se transforment en acteurs de spoliations foncières.
👉 172 parcelles en litige : ce chiffre donne la mesure d’un système où la légalité est souvent contournée pour servir des intérêts particuliers. La colère des familles dépossédées n’est donc pas seulement légitime, elle traduit le sentiment d’injustice que vivent de nombreux Guinéens face aux abus d’autorité.
Le renvoi du procès demandé par le parquet a jeté une ombre sur l’audience. Si l’argument est juridique, les parties civiles y voient plutôt une tactique pour gagner du temps. Une perception qui renforce la méfiance des citoyens vis-à -vis d’une justice parfois accusée de lenteur, voire de complaisance.
Cependant, ce dossier peut constituer une jurisprudence importante. Si les présumés coupables sont reconnus responsables et sanctionnés, le tribunal de Kissidougou enverra un signal fort contre l’impunité et les dérives foncières. À l’inverse, un relâchement ou une clémence excessive risquerait d’aggraver la défiance du peuple vis-à -vis de l’État.
En attendant le verdict du 28 août 2025, l’opinion publique retient son souffle. Ce procès ne concerne pas seulement la famille Traoré, il symbolise une lutte nationale contre la spoliation des terres et l’avidité de certains cadres.
✍️ Analyse : Aly Badra Linsoron
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