La DGE est-elle habilitée à organiser la présidentielle ? Ce que dit la Loi

La DGE est-elle habilitée à organiser la présidentielle ? Ce que dit la Loi
Par la rédaction de Konomaguinee.com
Alors que la Guinée s’achemine vers la présidentielle prévue en décembre 2025, une question anime les débats politiques et juridiques : la Direction Générale des Élections (DGE) est-elle véritablement habilitée à organiser ce scrutin capital ? Entre légalité, légitimité et soupçons de centralisation du pouvoir, Konomaguinee.com fait le point.
 Une nouvelle structure électorale au cœur de la transition
Créée en juin 2025 par décret du président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, la Direction Générale des Élections (DGE) est désormais l’organe chargé de l’organisation des scrutins en Guinée.
Elle remplace la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), longtemps accusée d’inefficacité et de divisions internes.
Selon le décret présidentiel, la DGE est placée sous la tutelle du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD). Elle a pour mission la gestion du fichier électoral, la supervision des opérations de vote, la centralisation des résultats et la conduite logistique de l’ensemble du processus.
Sa directrice générale, Madame Djenabou Touré, a été nommée à ce poste par le chef de l’État, confirmant la volonté des autorités de transition de reprendre la main sur l’organisation électorale.
 Ce que dit la nouvelle Constitution
L’article 41 de la Constitution adoptée en 2025 prévoit qu’un « organe technique indépendant » doit assurer l’organisation et la supervision des élections en Guinée.
Or, la DGE, rattachée à un ministère, n’est pas indépendante au sens strict de ce texte.
Cependant, l’article 196 de la même Constitution — une disposition transitoire — stipule que :
> « En attendant l’installation effective des institutions prévues par la présente Constitution, les organes de la Transition demeurent compétents pour exercer les fonctions, missions et attributions qui leur sont dévolues par la Charte de la Transition. »
Autrement dit, tant que les nouvelles institutions constitutionnelles ne sont pas encore mises en place, les organes de transition, dont la DGE, peuvent légalement continuer à exercer leurs missions.
 Entre légalité et légitimité : le grand débat
Sur le plan juridique, la DGE est donc habilitée à organiser la présidentielle de 2025, puisqu’elle tire sa compétence des décrets de transition et de la disposition transitoire de la Constitution.
Mais sur le plan politique et moral, de nombreuses voix s’élèvent pour contester cette réforme.
Des acteurs de l’opposition et plusieurs organisations de la société civile dénoncent une “mainmise du pouvoir sur le processus électoral”, estimant que la DGE ne présente pas les garanties d’indépendance nécessaires pour inspirer confiance.
Certains parlent même d’une “confiscation de l’espace électoral”, redoutant que la présidentielle soit gérée directement par l’exécutif.
De son côté, le gouvernement justifie la création de la DGE par le besoin d’efficacité et de professionnalisation du système électoral. Selon lui, la CENI, devenue un champ de bataille politique, ne répondait plus aux exigences d’impartialité et de transparence.
 Les défis à venir
La DGE a récemment mis en place plusieurs commissions techniques, notamment pour la réception des parrainages et la gestion des finances électorales, dans le but de renforcer la transparence.
Mais les défis restent considérables :
Rétablir la confiance entre les acteurs politiques ;
Garantir une transparence totale du processus électoral ;
Prouver son indépendance opérationnelle malgré sa tutelle ministérielle.
 En conclusion
En résumé, la DGE est légalement habilitée à organiser la présidentielle de 2025, mais sa légitimité politique et morale demeure fragile.
Si les autorités de transition veulent que ce scrutin soit accepté par tous, elles devront tout faire pour garantir l’impartialité, la transparence et la crédibilité du processus.
Car au-delà des textes, c’est la confiance du peuple guinéen dans les institutions qui déterminera la réussite de cette élection historique.
Reportage Abou Anelka Diakite 624 83 80 97

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