Mali : des officiers radiés après une affaire de « conspiration
Bamako, 9 octobre 2025 — Un décret signé par le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, a radié des effectifs des Forces armées maliennes plusieurs officiers et sous-officiers accusés de « atteinte à la sûreté de l’État ». Ces militaires faisaient partie des personnes arrêtées le 1ᵉʳ août 2025, dans le contexte d’une tentative présumée de coup d’État.
Qui sont les personnes radiées ?
Selon le décret – consulté par notre correspondant à Bamako – la liste des militaires radiés comprend :
- Généraux de brigade : Abass Dembélé et Nema Sagara
- Lieutenants-colonels : Amadou Keita, Saybou Keita, Moro Sidibé, Mamadou dit Tiékoro Diara, Baba Dembélé, Soungalo Diop
- Capitaines : Mohamed Ouattara, Sékou Amadou Fané, Magassi Tounkara
- Sergent-chef : Boucary Kracodio
Contexte et accusation
- Ces officiers et sous-officiers avaient été mis aux arrêts le 1ᵉʳ août 2025, dans le cadre de ce que les autorités qualifient de tentative de coup d’État.
- Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général de division Daoud Aly Mohammedine, avait présenté ces arrestations comme une réponse à une « conspiration », visant à « déstabiliser » les institutions de la République.
- Un citoyen Français, Yann Christian Bernard Vezilier, a également été cité dans les charges, accusé d’agir pour un service de renseignement français, dans le cadre de cette affaire.
Implications et réactions possibles
- Sur le plan sécuritaire, la radiation de ces militaires va sans doute renforcer le message du gouvernement de transition, indiquant qu’il entend sévir contre ce qu’il perçoit comme des menées subversives au sein de l’armée.
- Sur le plan politique, cela pourrait accentuer les tensions avec les acteurs internes opposés au régime de transition, ou ceux suspectés de collusion avec des influences étrangères, notamment françaises, compte tenu des accusations.
- Sur le plan judiciaire, il reste à voir si ces radiations s’accompagnent de poursuites judiciaires, et si les droits de la défense seront respectés, notamment pour les officiers affectés.
- Sur le plan international, les accusations de collaboration avec un service de renseignement étranger risquent de raviver des frictions diplomatiques, en particulier avec la France.
Éléments à suivre
Quelques questions restent ouvertes :
- Les preuves – Quelles sont précisément les preuves retenues contre ces officiers ? Sont-elles rendues publiques ou examinées de manière indépendante ?
- Le rôle de l’étranger – Quelle est la nature exacte des liens présumés avec des agents étrangers (notamment français) ?
- Conséquences internes à l’armée – Comment ces radiations affecteront-elles le moral, la cohésion, et les capacités opérationnelles des forces armées ?
- Le respect du cadre légal – Les procédures respectent-elles les normes nationales et internationales en matière de droits de l’homme et justice militaire ?
- Informations recueillies par Guinéematin.com
- Reportage Abou Anelka Diakite 624 83 80 97