Réforme sanitaire : le CNT plaide pour la suppression des postes de santé au profit des centres de santé améliorésRéforme sanitaire : le CNT plaide pour la suppression des postes de santé au profit des centres de santé améliorés
Conakry, 14 août 2025 – Vers une refonte du système sanitaire guinéen ? C’est en tout cas la vision défendue par le président du Conseil National de la Transition (CNT), Dr Dansa Kourouma. Lors de la plénière du 13 août dernier, il a plaidé pour la suppression progressive des postes de santé au profit de centres de santé améliorés, plus modernes et mieux équipés, dans tout le pays.
Un modèle hérité de l’époque coloniale
Pour le président du CNT, les postes de santé, tels qu’ils existent aujourd’hui, sont des structures dépassées.
« On ne peut pas continuer à fonctionner comme au temps colonial. Les postes de santé étaient des mesures palliatives avant qu’on puisse avoir un système de santé robuste. Il est temps de tourner cette page », a-t-il déclaré devant les conseillers nationaux.
Des médecins en nombre suffisant, mais concentrés à Conakry
Interpellé sur la capacité de la Guinée à doter chaque centre de santé d’un personnel qualifié, Dr Kourouma se montre rassurant.
« Il y a suffisamment de médecins en Guinée pour desservir tous les centres de santé. Si on les répartit correctement, chaque centre pourrait avoir cinq médecins », estime-t-il.
Selon lui, le véritable problème réside dans la réticence des praticiens à travailler à l’intérieur du pays. « Nous avons des hôpitaux nationaux et des CMC bondés de médecins. Parfois, il y a plus de médecins que de malades. Tout le monde préfère rester à Conakry », a-t-il déploré.
Une réforme basée sur l’obligation et les incitations
Pour corriger cette situation, le président du CNT propose une mesure forte : obliger tous les jeunes médecins, fraîchement diplômés, à servir à l’intérieur du pays pendant au moins cinq ans.
« Obligation doit être faite à tout médecin détenteur d’un diplôme d’État d’aller servir à l’intérieur du pays les cinq premières années de sa sortie. Sinon, on vous retire le diplôme », a-t-il tranché.
Mais au-delà de la contrainte, Dr Dansa Kourouma recommande aussi des mesures incitatives pour maintenir durablement les praticiens dans les zones reculées. Parmi elles : l’accès aux médicaments, la disponibilité de laboratoires modernes, et de meilleures conditions de vie et de travail.
Vers une couverture santé universelle
Cette proposition s’inscrit dans la perspective de la future Constitution, qui fait de la couverture santé universelle un pilier central. Pour Dr Kourouma, la refonte du système sanitaire, à travers la transformation des postes de santé en centres de santé performants, est un passage obligé pour garantir à chaque citoyen guinéen un accès équitable aux soins de qualité.
Reste à savoir si l’État prendra les décisions politiques et budgétaires nécessaires pour concrétiser cette vision, dans un contexte où les besoins de santé publique se font pressants, notamment en milieu rural.
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