Guinée : l’ONU exige la levée des interdictions contre l’opposition et les médias avant les élections

Guinée : l’ONU exige la levée des interdictions contre l’opposition et les médias avant les élection
En prélude aux élections présidentielles et législatives prévues cette année en Guinée, l’Organisation des Nations unies (ONU) a fermement appelé le pouvoir de transition à lever les restrictions imposées aux partis d’opposition et aux médias indépendants. Cette demande intervient dans un contexte déjà tendu où les libertés politiques et médiatiques sont fortement restreintes.
Contexte politique : la transition sous contrôle militaire
Depuis le coup d’État de 2021, mené par le colonel Mamadi Doumbouya, la Guinée est dirigée par une junte militaire qui assure la transition vers un régime “constitutionnel” à venir.
Cependant, cette transition s’est accompagnée de mesures répressives :
Suspension de plusieurs partis politiques et médias ;
Interdiction des manifestations depuis 2022 ;
Arrestations arbitraires, disparitions forcées ou détentions pour des opposants, journalistes et responsables de la société civile.
Le régime actuel justifie ces restrictions comme des mesures de sécurité ou de stabilité, mais la communauté internationale s’inquiète de leur impact sur la crédibilité des futurs scrutins.
La position de l’ONU
Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a exhorté la Guinée à agir sans délai :
Lever les interdictions visant les partis politiques et les médias, jugées « tout simplement inacceptables » ;
Garantir l’inclusivité, la transparence et la participation du public dans les processus de rétablissement constitutionnel.
Libérer toutes les personnes détenues arbitrairement ou portées disparues, et lancer des enquêtes indépendantes dans les cas suspects.
Annuler la grâce présidentielle accordée à l’ancien chef de la junte Moussa Dadis Camara, condamné pour des crimes contre l’humanité, un geste que l’ONU juge incompatible avec le droit international pour des offenses graves.
Dans son communiqué, l’ONU souligne que les libertés fondamentales (liberté d’opinion, de presse, de rassemblement) doivent être protégées pour qu’une élection puisse être jugée légitime.
Réactions locales et défis à venir
Le discours officiel
Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a réaffirmé que les élections présidentielles et législatives seront organisées avant la fin de l’année. Il s’appuie sur le « oui » massif obtenu lors du référendum constitutionnel du 21 septembre pour justifier le mandat de la transition.
La nouvelle Constitution, selon le pouvoir, doit formaliser un retour à l’ordre constitutionnel.
Les craintes de l’opposition et de la société civile
Les partis de l’opposition avaient déjà boycotté le référendum constitutionnel, dénonçant son organisation dans un climat de restriction et de peur.
Parmi les cas alarmants dénoncés :
L’écrivain Oumar Sylla (Foniké Menguè), porté disparu après son arrestation.
Le journaliste Habib Marouane Camara, dont le sort demeure incertain.
Ces cas illustrent le défi sécuritaire et juridique que pose la gestion de la répression politique.
Les enjeux d’une éventuelle ouverture
Si le gouvernement de transition répondait aux appels de l’ONU, cela pourrait :
1. Redonner confiance aux citoyens et acteurs politiques dans la crédibilité des élections.
2. Ouvrir l’espace démocratique, permettre aux médias et partis de jouer pleinement leur rôle de contre-pouvoir.
3. Atténuer les critiques internationales et possiblement améliorer les relations diplomatiques ou l’accès à l’aide extérieure.
4. Amorcer réellement le retour à l’ordre constitutionnel, au-delà d’une simple façade électorale.
Mais pour l’instant, l’écart entre les déclarations de l’ONU et la réalité sur le terrain reste abyssal.
Conclusion
À quelques mois des scrutins prévus, la Guinée se trouve à un carrefour décisif. L’ONU a posé des conditions claires pour que ces élections puissent bénéficier d’une légitimité minimale — la levée des interdictions contre l’opposition et les médias, la libération des détenus politiques, la transparence des processus.
Si le pouvoir de transition persiste dans la répression ou l’exclusion, les élections risquent fort de n’être qu’un simulacre. En revanche, une ouverture politique pourrait marquer un tournant vers une véritable reprise démocratique. Le regard de la communauté internationale et de la Guinée tout entière est désormais tourné vers les prochains mois.
Repo Abou Anelka Diakite 624 83 80 97
Information recueillies par Guinéematin.com

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