Kissidougou : le président de la délégation spéciale et ses co-accusés devant la justice dans une affaire de plus de 300 millions GNF

Kissidougou : le président de la délégation spéciale et ses co-accusés devant la justice dans une affaire de plus de 300 millions GN
Par [Nom du Reporter] pour Konomaguinee.com
Kissidougou, 4 octobre 2025 — Ce vendredi 3 octobre 2025, la ville de Kissidougou a été le théâtre d’un procès retentissant : les plus hauts responsables de la délégation spéciale de la commune urbaine, dont le président lui-même, comparaissent devant le tribunal pour des accusations de détournement de deniers publics, corruption, concussion et complicité, liées à un montant estimé à 310 millions de francs guinéens.
Les prévenus et les chefs d’accusation
Parmi les personnes mises en cause figurent :
Elhadj Mamadi Iva Sanoh, président de la délégation spéciale
Mamadi Mansaré, vice-président
Michel Kamano, receveur communal
Moussa Kourouma, secrétaire général de la commune
D’autres personnes, comme l’ingénieur-conseil Amadou Oury Bah et la cheffe de cantonnement forestier Alice Mansaré, sont également concernées (mais à des degrés divers)
Ils sont poursuivis par le ministère public pour des faits portant sur :
Détournement de deniers publics
Corruption
Concussion
Complicité
Le montant global mis en cause est de 310 millions GNF.
Déroulé de l’audience inaugurale
Dès l’ouverture du procès, un important dispositif sécuritaire a été déployé autour du tribunal de première instance de Kissidougou.
Lors de cette première journée, six personnes comparaissaient. Les prévenus n’ont pas d’emblée reconnu leur responsabilité dans l’affaire.
Cependant, des aveux partiels ou des précisions sont apparus au fil des interrogatoires :
Concernant 70 millions GNF versés pour l’achat d’un camion benne : le receveur a reconnu avoir remis lui-même le chèque au bénéficiaire du marché. Mais, neuf mois après, le camion n’a toujours pas été localisé.
Sur un autre volet, des 40 millions GNF alloués à un reboisement dans la commune : le vice-président a admis que, sur ce montant, 31 millions GNF ont été partagés entre lui-même, le président, le receveur et le secrétaire général. Cela contredit la première version du président, qui avait affirmé qu’il n’était pas au courant de cette opération.
Un chèque de 15 millions GNF a été produit : la cheffe de cantonnement forestier dit n’avoir reçu que 7,5 millions de ce montant, contestant donc l’exécution conforme du marché.
L’ingénieur-conseil a été mis en cause pour avoir, selon le ministère public, joué un double rôle (entrepreneur + ingénieur) dans des marchés de gré à gré. Assisté d’émotion, il a nié les accusations, affirmant agir dans les normes.
À la fin de l’audience, le tribunal a renvoyé l’affaire au 6 octobre 2025 pour continuation des audiences.
La demande de remise en liberté d’Elhadj Mamadi Iva Sanoh a été rejetée. Les quatre accusés principaux sont placés à la maison d’arrêt de Kissidougou en attendant la suite du dossier.
Quant à l’ingénieur-conseil Amadou Oury Bah et à la cheffe de cantonnement forestier Alice Mansaré, ils sont retournés à leurs domiciles, en attendant leur tour de comparution.
Réactions et défense des prévenus
Le président de la délégation spéciale, Elhadj Mamadi Iva Sanoh, rejette les accusations en bloc. Il déclare : « Je ne me reproche de rien », affirmant qu’il rendra public un compte rendu détaillé de la gestion communale pour « éclairer la lanterne » des citoyens et de la presse.
Selon des sources internes à la commune, le climat est tendu : en juillet 2025, sept conseillers sur dix de la délégation spéciale avaient demandé la suspension de l’exécutif pour qu’il justifie ses actions.
Enjeux et perspectives
Ce procès est suivi de près par les populations de Kissidougou, préoccupées par la bonne gouvernance locale et la transparence des dépenses publiques.
L’intervention d’un expert financier a été requise par le procureur afin d’analyser les flux monétaires et la conformité des pièces comptables.
La suite de l’audience pourrait révéler d’autres témoignages, pièces à conviction ou contradictions entre les versions des prévenus.
Le verdict pourrait avoir des implications fortes pour la crédibilité de l’administration locale dans une ville déjà marquée par des tensions politiques et des revendications de justice sociale.
Conclusion
Le procès du président de la délégation spéciale de Kissidougou et de ses co-accusés s’ouvre sous des attentes fortes. La transparence, la rigueur de l’instruction et la capacité de la justice à trancher en toute impartialité seront scrutées par les citoyens. La population locale, empêtrée dans des difficultés ordinaires, attend des réponses claires et un retour à une gestion saine et responsable des biens publics.
Information recueillies par Guinéematin.com
Reportage Abou Anelka Diakité 624 83 80 97

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