Présidentielle guinéenne 2025 : qui sont les vrais prétendants et quelles sont leurs chances
À un peu plus de deux mois du scrutin présidentiel, le paysage politique guinéen prend forme. Si les candidatures se multiplient, la scène politique reste dominée par une figure centrale : celle du Général Mamadi Doumbouya. Dans un contexte de recomposition politique et d’incertitude électorale, Konomaguinee.com dresse le portrait des principaux prétendants et évalue leurs chances dans la course vers le Palais Mohammed V.
Le Général Mamadi Doumbouya : vers une candidature quasi certaine
Longtemps évoquée comme une hypothèse, la candidature du Général Mamadi Doumbouya semble aujourd’hui une évidence.
Bien que la Charte de la Transition lui interdisait initialement toute participation à une élection, la nouvelle Constitution promulguée le 26 septembre 2025 a levé cette restriction. Depuis, tout porte à croire que le président de la Transition se prépare à briguer un mandat civil.
Les indices sont multiples : tournées présidentielles multipliées, communication gouvernementale axée sur les réalisations du régime, et mobilisation discrète du Mouvement National pour le Développement (MND).
Sur le plan politique, ses atouts sont solides :
- Un bilan économique jugé positif : croissance de 6,5 % au premier trimestre 2025, relance du projet minier Simandou, modernisation des infrastructures (aéroport, routes, cité administrative).
- Des avancées sociales notables : couverture maladie pour les fonctionnaires, revalorisation des pensions, soutien aux Guinéens de la diaspora.
- Une administration électorale maîtrisée : la machine d’État, déjà rodée lors du référendum constitutionnel, pourrait encore jouer un rôle déterminant.
- Un avantage sociopolitique : la logique du vote communautaire, encore fortement enracinée en Guinée, pourrait lui garantir un socle électoral solide.
En clair, si Mamadi Doumbouya officialise sa candidature, il part favori et pourrait même l’emporter dès le premier tour.
L’UFDG : entre suspension et incertitude
Autrefois principal challenger du pouvoir, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) traverse une période difficile.
Suspendu pour des raisons judiciaires, le parti de Cellou Dalein Diallo ne peut, pour le moment, présenter de candidat. Son leader, exilé et radié des listes électorales, demeure inéligible.
Cependant, des voix internes évoquent une stratégie alternative : le soutien à une candidature indépendante. Le nom de Halimatou Dalein Diallo, épouse du président de l’UFDG, revient avec insistance.
Si elle se lance, elle pourrait mobiliser la base fidèle du parti et une partie de la diaspora. Mais face à la puissance politique et financière du pouvoir, sa marge de progression semble limitée.
Sans Cellou Dalein ni levée de suspension, l’UFDG risque de jouer le rôle d’arbitre plutôt que de vainqueur.
Les vétérans : Kouyaté, Kaba et Millimono
Trois figures historiques pourraient tenter une dernière aventure électorale :
- Dr Ousmane Kaba (PADES)
- Lansana Kouyaté (PEDN)
- Dr Faya Millimono (BLD)
Tous ont déjà concouru à la magistrature suprême, sans succès. Aujourd’hui, leur influence s’amenuise, leur base militante s’effrite, et leurs discours séduisent peu une jeunesse en quête de renouveau.
Leur participation à la présidentielle aurait surtout une valeur symbolique, leurs chances de victoire étant quasi nulles.
RPG et UFR : les absents de taille
Les deux anciens grands partis de gouvernement, le RPG Arc-en-ciel d’Alpha Condé et l’UFR de Sidya Touré, ne présenteront pas de candidat en 2025.
Entre vieillissement des leaders, divisions internes et perte de visibilité, ces formations jadis puissantes semblent avoir renoncé à jouer les premiers rôles.
Leur absence profite directement à Mamadi Doumbouya, qui consolide ainsi son avance dans une opposition morcelée.
Les 66 autres candidatures : entre ambitions et illusions
À ce jour, plus de 50 partis politiques et 16 indépendants ont annoncé leur intention de participer au scrutin.
Mais la majorité d’entre eux ne parviendront pas à franchir les obstacles administratifs : parrainages régionaux stricts et caution financière élevée.
Si certains cherchent à exister médiatiquement, peu ont une réelle chance d’influencer l’issue du vote.
En résumé
À 80 jours de la présidentielle, le décor semble déjà planté :
- Une opposition éclatée et affaiblie ;
- Des partis historiques en retrait ;
- Et un président sortant, encore silencieux mais visiblement prêt à transformer l’essai.
Sauf surprise de dernière minute, le duel annoncé tournera autour d’un Doumbouya quasi-candidat face à une opposition divisée et fragilisée.
La question n’est donc plus qui sera candidat, mais bien qui pourra réellement rivaliser avec le pouvoir en place.
Information recueillies par Guineenews.org
Reportage Abou Anelka Diakite 624 83 80 97