ÉDITORIAL | Mandiana : quand la justice vacille face aux puissants une Interpellation à la nouvelle équipe justice
À Mandiana, une question continue de hanter les esprits : la loi est-elle la même pour tous, ou seulement pour les pauvres ?
Un dossier lourd, accablant, documenté : plus de 9 milliards de francs guinéens détournés. Des indemnisations confisquées. Des plantations détruites. Des rivières dégradées. Des citoyens lésés, dépouillés, abandonnés. Et pourtant, malgré la gravité des faits, plusieurs cadres de la préfecture cités dans ce dossier semblent être restés longtemps au-dessus de la loi.
Ils ont refusé d’assumer.
Ils ont refusé de répondre.
Ils ont refusé de réparer.
Pendant que les populations pleurent leurs terres et leurs moyens de subsistance, les présumés responsables ont été mutés, déplacés comme on déplace un problème, laissant derrière eux un procès pendu, une justice suspendue, une vérité étouffée.
👉 Être muté n’est pas être innocenté.
👉 Changer de poste n’efface ni la corruption, ni la souffrance des victimes.
Aujourd’hui, la nouvelle équipe en place est directement interpellée. Elle hérite non seulement d’une administration, mais aussi d’un lourd passif moral et judiciaire. Le silence ou l’inaction serait interprété comme une complicité passive.
La justice ne peut pas être une simple formalité administrative. Elle doit être la boussole de tous, à Mandiana comme ailleurs. Si elle ne s’oriente que vers les faibles et détourne le regard face aux puissants, alors ce n’est plus la justice, mais une injustice organisée.
Les populations de Mandiana ne demandent pas vengeance.
Elles demandent vérité, responsabilité et réparation.
Car un État fort ne protège pas les détourneurs.
Un État juste protège ses citoyens.
Et une justice crédible ne laisse jamais un dossier de corruption de 9 milliards de francs guinéens en suspens.
✍️ À Mandiana, l’heure n’est plus au silence, mais à la vérité.
📎 Article joint : Retour sur l’ouverture du procès du 11 mai 2025, point de départ d’une affaire qui attend toujours son aboutissement judiciaire.