Présidentielle du 28 décembre : le Bloc libéral dénonce « un véritable brigandage électoral »

 

Présidentielle du 28 décembre : le Bloc libéral dénonce « un véritable brigandage électoral

Conakry, 29 décembre 2025 – Au lendemain de l’élection présidentielle en Guinée, le Bloc Libéral (BL) est monté au créneau. Lors d’un point de presse animé ce lundi à son siège national, Dr Faya Lansana Millimouno, candidat du parti et l’une des voix politiques les plus critiques de la gouvernance du CNRD, a dressé un tableau sombre du scrutin du 28 décembre, dénonçant de graves irrégularités qu’il qualifie de « véritable brigandage électoral ».

Des obstacles dès la phase préparatoire

Selon le candidat du Bloc libéral, les difficultés ont commencé bien avant le jour du vote. Après la validation des candidatures, la Direction générale des élections (DGE) aurait exigé de chaque candidat la transmission d’une liste exhaustive de délégués affectés aux bureaux de vote, soit 24 662 délégués pour l’ensemble du pays.

« Nous avons respecté toutes les exigences : noms, bureaux d’affectation, numéros de téléphone, cartes d’identité et cartes d’électeurs. Tout a été transmis conformément au répertoire officiel fourni par la DGE », a expliqué Dr Faya Millimouno.

Cependant, à la veille du scrutin, plusieurs responsables locaux du BL alertent la direction nationale : dans certaines préfectures, des démembrements de la DGE refusent de reconnaître les ordres de mission des délégués, au motif qu’ils n’auraient pas été visés par des autorités locales.

Une application « à géométrie variable » de la loi électorale

Face à ces signalements, Dr Millimouno affirme avoir personnellement contacté la directrice générale des élections.

« Elle-même était sidérée. On avait l’impression qu’il existait une République à Conakry et autant de républiques qu’il y avait de préfectures », a-t-il dénoncé.

Malgré des assurances données et la promesse d’une circulaire nationale pour lever toute ambiguïté, la situation ne se serait pas améliorée le jour du vote.

Des délégués chassés des bureaux de vote

Dès l’ouverture des bureaux, le calvaire reprend, selon le BL. À Conakry comme à l’intérieur du pays, plusieurs délégués auraient été expulsés ou empêchés d’accéder aux bureaux de vote, toujours sous prétexte d’ordres de mission non visés.

« Dans certains endroits, nos représentants ont été acceptés provisoirement avant d’être expulsés avant la fermeture des bureaux », a affirmé le candidat libéral.

CACV : des assesseurs exclus malgré leur serment

Le Bloc libéral dénonce également des entraves au niveau des Centres de centralisation et de compilation des votes (CACV). Bien que le parti ait obtenu 156 assesseurs sur 378 CACV à l’issue d’un tirage au sort officiel, plusieurs d’entre eux auraient été empêchés d’accéder à leurs postes.

« Des assesseurs formés, assermentés, ont été bloqués, tout comme nos délégués, en violation flagrante de l’article 105 du Code électoral », a martelé Dr Millimouno.

Délocalisation des bureaux et accusations de bourrage

Autre point majeur soulevé : la délocalisation inexpliquée de certains bureaux de vote, notamment à Conakry, au Collège Bafon Sud.

« Onze bureaux étaient officiellement prévus. Sur place, nous avons trouvé des isoloirs sans membres de bureaux. Puis on nous a dit qu’il n’y avait jamais eu de bureaux ici. La République ne fait pas ce genre d’erreurs », a-t-il déclaré.

Le candidat estime que ces délocalisations auraient facilité des bourrages d’urnes, citant également des cas similaires à Guékédou, où des bureaux auraient, selon lui, « disparu sans trace ».

Pressions, violences et arrestations

Le BL accuse en outre des éléments des forces de défense et de sécurité d’avoir orienté des électeurs, voire exigé la présentation des bulletins après le vote. Face à ces pratiques, le parti dit avoir mis en place une observation infiltrée, ce qui aurait conduit à des violences et à des arrestations de militants.

« Plusieurs de nos militants ont été violentés et détenus. Le dernier libéré est Abdourahmane Bangoura, à Gbessia », a indiqué Dr Millimouno.

« Un scrutin ni libre, ni transparent »

En conclusion, le candidat du Bloc libéral rejette toute crédibilité au processus électoral.

« Ce n’est pas une élection libre, transparente ou crédible. C’est un véritable brigandage électoral », a-t-il insisté, annonçant la constitution d’un répertoire détaillé de toutes les irrégularités constatées.

Rédaction conakry.

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