CRIEF : l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana remis en liberté pour raisons de sant
Conakry, 5 mars 2026 – La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné ce jeudi la remise en liberté de l’ancien Premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana, poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et enrichissement illicite.
Une absence liée à un état de santé jugé grave
Lors de l’audience, la Cour a d’abord constaté l’absence du prévenu dans la salle. Le procureur spécial près la CRIEF, Aly Touré, a indiqué ne pas être surpris par cette situation, expliquant que cette absence serait liée à l’état de santé préoccupant de l’ancien chef du gouvernement.
Selon un courrier transmis à la juridiction, l’état de santé de Dr Kassory Fofana serait jugé « très grave », nécessitant des soins médicaux appropriés.
Le parquet et l’État favorables à une mesure humanitaire
Face à cette situation, le ministère public a demandé la remise en liberté provisoire de l’ancien Premier ministre afin qu’il puisse recevoir des soins depuis son domicile.
La partie civile, représentée par l’État guinéen, a également soutenu cette démarche humanitaire.
« Nous n’avons pas la pierre à la place du cœur. Nous ne voulons pas juger un cadavre ici », ont déclaré les représentants de l’État devant la Cour.
Après délibération sur siège, la Cour de répression des infractions économiques et financières a finalement ordonné la remise en liberté de Dr Kassory Fofana pour raisons de santé.
Un dossier emblématique de la lutte contre la corruption
Ancien Premier ministre sous la présidence de Alpha Condé, Ibrahima Kassory Fofana avait été arrêté en avril 2022 et placé sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry.
Son arrestation est intervenue dans le cadre des enquêtes ouvertes par les autorités de la transition après le Coup d’État en Guinée de 2021, mené par le Comité national du rassemblement pour le développement.
Le procès de l’ancien Premier ministre s’inscrit dans la vaste campagne judiciaire engagée par les autorités de la transition pour lutter contre les malversations présumées dans l’ancienne administration.
Pour l’heure, la suite de la procédure judiciaire n’a pas encore été précisée, même si plusieurs audiences avaient déjà été reportées en raison de la dégradation de l’état de santé du prévenu.
Rédaction