Accident du véhicule du sous-préfet de Hèrèmakono : Une remise par la COYAH vite ternie par le destin
Coyah, Guinée – 11 septembre 2025 – Moins de 24 heures après avoir reçu les clés d’un véhicule flambant neuf remis par la Commission de l’Office de la Coopération et de l’Aménagement de la Guinée (COYAH), le sous-préfet de Hèrèmakono a été impliqué dans un accident de circulation qui soulève déjà des questions sur la sécurité routière dans la préfecture de Coyah. Cet incident, survenu hier soir sur la route reliant Coyah à Conakry, met en lumière les défis persistants des infrastructures et de la vigilance au volant dans cette zone rurale en pleine modernisation.
La remise : Un geste symbolique pour l’administration locale
La cérémonie de remise des véhicules s’est déroulée le 10 septembre matin à la sous-préfecture de Hèrèmakono, en présence des autorités locales et de représentants de la COYAH. Selon des sources administratives, cet équipement – un pick-up tout-terrain adapté aux routes accidentées de la région – visait à renforcer la mobilité des agents publics et à améliorer le service aux citoyens. La COYAH, chargée de coordonner les projets de développement en Guinée, a investi dans une flotte de véhicules pour les sous-préfectures afin de soutenir les initiatives locales en matière d’administration et de sécurité.
Le sous-préfet de Hèrèmakono, dont l’identité n’a pas été divulguée dans les communiqués officiels, a exprimé sa gratitude lors de l’événement : « Ce véhicule sera un atout précieux pour nos missions quotidiennes, de la supervision des marchés à l’assistance aux populations vulnérables. » L’initiative s’inscrivait dans un programme plus large de modernisation des services publics en Guinée, financé par des partenariats internationaux.
L’accident : Un choc brutal sur une route périlleuse
Mais la joie fut de courte durée. Moins d’un jour plus tard, vers 18h30, le véhicule neuf a été impliqué dans une collision frontale avec un camion lourd sur la RN1, à hauteur du village de Dubréka, à une quinzaine de kilomètres de Hèrèmakono. Des témoins oculaires, contactés par notre équipe, décrivent une scène chaotique : « Le pick-up roulait à vitesse modérée quand un camion venant en sens inverse a dérapé sur une portion de route dégradée. L’impact a été violent, le véhicule officiel s’est renversé sur le bas-côté, » raconte un chauffeur de taxi qui a assisté à l’accident.
Heureusement, le bilan est relativement léger : le sous-préfet et son chauffeur ont été évacués vers l’hôpital de Coyah avec des blessures mineures – contusions et chocs légers – tandis que le conducteur du camion, un transporteur de marchandises, a été hospitalisé pour une fracture au bras. Aucun décès n’est à déplorer, mais le véhicule remis par la COYAH est gravement endommagé, avec une carrosserie tordue et un châssis déformé. Les gendarmes de la brigade routière de Coyah ont ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes, mais les premières indications pointent vers une perte de contrôle due à la pluie récente et à l’état défaillant de la chaussée.
Réactions : Interrogations sur la sécurité et l’entretien routier
L’incident a rapidement fait le buzz sur les réseaux sociaux et parmi les habitants de Hèrèmakono, une localité frontalière où les routes sinueuses et mal entretenues multiplient les risques d’accidents. « C’est ironique : on nous remet un beau véhicule pour mieux servir, et voilà qu’il finit accidenté à cause des mêmes routes pourries, » s’indigne un notable local, sous couvert d’anonymat. La COYAH, jointe par téléphone, a exprimé son soutien aux victimes et promis une expertise technique pour évaluer si le véhicule était bien adapté aux conditions locales.
Du côté des autorités, le préfet de Coyah a visité les blessés ce matin et réaffirmé l’engagement de l’État pour la sécurité routière. « Cet accident nous rappelle l’urgence d’investissements dans les infrastructures. La COYAH continue son travail, mais nous devons tous être vigilants, » a-t-il déclaré lors d’une brève conférence de presse. Des associations de conducteurs appellent déjà à une meilleure signalisation et à des formations pour les chauffeurs administratifs.
Perspectives : Une leçon pour le développement local
Cet événement, survenu dans un contexte de modernisation accélérée en Guinée, souligne les paradoxes du développement : des équipements neufs arrivent, mais les défis structurels persistent. À Hèrèmakono, commune agricole et stratégique près de Conakry, les accidents routiers font partie du quotidien, avec plus de 50 cas signalés cette année selon les statistiques locales. La remise par la COYAH, initialement saluée, pourrait ainsi devenir un symbole des efforts à poursuivre pour une mobilité sûre.
Les autorités promettent un rapport d’enquête sous 48 heures. En attendant, le sous-préfet, sorti de l’hôpital ce midi, reprend ses fonctions avec un véhicule temporaire. Reste à espérer que cette mésaventure ne freine pas les avancées promises par la COYAH pour la région.
Aly Badra Diallo pour le reportage Tel 224 625538230
