Campagne référendaire : La Société civile dénonce l’amalgame entre le « OUI » et le Chef de l’État
La Synergie des faîtières de la société civile a animé, ce lundi 15 septembre 2025, un point de presse à Kipé. Objectif : livrer ses observations sur le déroulement de la campagne référendaire en cours dans le pays.
À travers une déclaration solennelle, les représentants de cette plateforme ont exprimé de vives préoccupations concernant la manière dont le débat citoyen est conduit autour du projet de nouvelle Constitution. Selon eux, une confusion dangereuse est entretenue entre le vote pour le « OUI » et le soutien personnel au Président de la République.
Une confusion jugée préjudiciable
« La Synergie observe que, dans de nombreux discours et supports de campagne, la Constitution est présentée comme un instrument d’adhésion ou de fidélité au Chef de l’État en exercice », a dénoncé la déclaration. Les acteurs de la société civile estiment qu’une telle assimilation occulte la véritable nature du texte, conçu pour régir la vie collective et protéger les droits fondamentaux, indépendamment des contingences politiques et des dirigeants du moment.
Les risques soulevés
Les faîtières ont mis en garde contre plusieurs conséquences possibles de cette confusion :
Le détournement du sens du vote : au lieu de se prononcer sur le contenu du texte constitutionnel, les électeurs pourraient être amenés à voter en fonction de leur perception du Président en place.
L’affaiblissement de la légitimité du processus : si le référendum est assimilé à un plébiscite ou à un rejet d’un dirigeant, le caractère consensuel et fondateur de la Constitution pourrait être compromis.
L’exacerbation des clivages politiques et sociaux : une polarisation excessive autour d’une personne risque d’alimenter les tensions au détriment du débat de fond.
La mauvaise compréhension citoyenne : une information confuse prive le peuple d’une véritable appropriation du texte constitutionnel, pourtant issu d’une large consultation nationale.
Un appel au respect de l’esprit du référendum
Pour conclure, la Synergie des faîtières a appelé l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à replacer le débat dans son cadre légitime : celui d’un exercice de souveraineté populaire destiné à doter la Guinée d’un cadre institutionnel durable, protecteur des libertés et porteur de stabilité.
Ainsi, à quelques jours du scrutin, la société civile invite à un sursaut de responsabilité afin que le référendum ne se transforme pas en un simple jugement de confiance ou de rejet envers une personnalité, mais demeure une consultation citoyenne sur l’avenir institutionnel de la Nation.
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