Conakry, 18 octobre 2025 – Reportage pour Konomaguinee.co
Dans un climat de convergence technologique et d’aspirations nationales renouvelées, la ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Rose Pola Pricemou, a annoncé que « jamais dans notre histoire récente, les conditions n’ont été aussi favorables pour faire de l’IA un pilier de notre développement ».
Un atelier stratégique : poser les bases
L’événement est l’Atelier national d’évaluation du paysage de l’intelligence artificielle (AILA), lancé le 14 octobre et clôturé le vendredi dernier à Conakry, avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
Ce rassemblement, d’une durée de quatre jours, a permis à des acteurs du secteur public, du privé, du monde académique et technique de se pencher sur :
- l’écosystème national de l’IA,
- l’IA au service de la gouvernance,
- l’élaboration d’un cadre éthique et responsable.
Pour la ministre Pricemou, il s’agissait de « mesurer précisément nos forces, nos fragilités, définir les écarts qui nous séparent des meilleurs standards, puis concevoir une stratégie nationale d’IA qui soit adaptée à notre réalité socio-économique, à notre culture, à nos aspirations. »
Pourquoi « jamais aussi favorable » ?
La ministre a justifié sa déclaration en rappelant plusieurs acquis récents :
- L’inauguration d’un data-center national de standard Tier III.
- Le rapatriement du domaine national « .gn ».
- Le projet d’atterrissement d’un deuxième câble sous-marin et l’interconnexion avec les pays voisins.
- La tenue annoncée du Transform Africa Summit 2025 à Conakry du 12 au 14 novembre.
Ces éléments, selon Mme Pricemou, créent « une conjoncture favorable unique pour lancer une stratégie nationale d’IA solide ».
Feuille de route pour l’IA en Guinée
L’atelier a débouché sur un certain nombre de recommandations fortes :
- Élaborer une stratégie nationale d’IA éthique et durable.
- Mettre en place un cadre juridique et réglementaire clair.
- Renforcer les compétences humaines dans le numérique et l’IA.
- Stimuler l’innovation locale et encourager la participation citoyenne.
La ministre a insisté sur la dimension éthique : transparence, responsabilité, inclusion, protection des droits humains et des personnes vulnérables seront des axes centraux.
Les défis à venir
Malgré les progrès, la route reste longue :
- Le renforcement des infrastructures numériques doit se poursuivre.
- Le financement et les compétences sont encore limités.
- La régulation et la protection des données restent à parfaire.
Selon Mme Pricemou, « les efforts s’intensifient pour structurer les politiques publiques, mobiliser les financements et les compétences, renforcer la régulation et mettre en place les protections nécessaires. »
Ce que cela signifie pour la Guinée
Pour la Guinée, faire de l’IA un pilier de développement, c’est :
- S’engager dans la transformation numérique avec ambition.
- Inscrire cette démarche dans son « Projet de société » Simandou 2040, piloté à très haut niveau.
- Se positionner comme acteur du numérique en Afrique francophone, notamment en accueillant le TAS 2025.
- Favoriser un développement qui soit inclusif (prise en compte de tous) et durable (long terme).
À retenir
- L’atelier AILA marque un tournant dans la démarche guinéenne vers l’intelligence artificielle.
- Le gouvernement, via le ministère de Mme Pricemou, affirme sa volonté de placer l’IA au cœur du développement national.
- Mais pour que les ambitions se traduisent en résultats tangibles, un travail soutenu reste nécessaire, avec coordination, ressources, et suivi.
Source Guinéematin.com
Reportage Abou Anelka Diakite 624 83 80 97