Décès de Claude Pivi alias « Coplan » : fin de parcours d’une figure controversée du CND

 

Décès de Claude Pivi alias « Coplan » : fin de parcours d’une figure controversée du CN

Par Guineematin -6 janvier 2026

 

Claude Pivi après son arrestation au Libréria, en septembre 2024

 

Claude Pivi, alias « Coplan », officier militaire guinéen et ancien ministre chargé de la sécurité présidentielle sous le règne du capitaine Moussa Dadis Camara, est décédé ce mardi 6 janvier 2026 à Conakry. Il s’est éteint à l’âge de 66 ans, après deux jours de soins intensifs à l’hôpital militaire du Camp Almamy Samory Touré, a indiqué le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry.

 

Né en 1960 à N’Zérékoré, Claude Pivi était en détention depuis septembre 2024 à la prison civile de Coyah, après son extradition du Liberia. Condamné le 31 juillet 2024 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 25 ans, il avait été reconnu coupable de crimes contre l’humanité pour sa responsabilité de commandement dans les massacres du 28 septembre 2009 au stade de Conakry.

 

Une carrière marquée par l’armée et le pouvoir

 

Avant son ascension au sein de l’appareil sécuritaire guinéen, Claude Pivi s’était illustré dans le sport, notamment le karaté, discipline dans laquelle il a participé aux championnats d’Afrique dans les années 1980. Intégré à l’armée guinéenne en 1985, il y enseignait également le karaté à plusieurs militaires.

 

Sous la présidence de Lansana Conté, il occupait le grade de sergent-chef au sein du bataillon autonome des troupes aéroportées. Il se fait connaître du grand public en mai 2008, en devenant l’un des porte-paroles des soldats lors d’une mutinerie.

 

Après le coup d’État du 23 décembre 2008, Claude Pivi est nommé ministre dans le gouvernement de Kabiné Komara, puis il devient capitaine en avril 2009. Membre influent du CNDD dirigé par le capitaine Moussa Dadis Camara, il sera ensuite cité parmi les principaux responsables des violences politiques ayant endeuillé la Guinée en septembre 2009.

 

Sanctions internationales et longue procédure judiciaire

 

À la suite du massacre du 28 septembre 2009, Claude Pivi a fait l’objet de sanctions internationales, notamment une interdiction d’entrée sur le territoire de l’Union européenne ainsi que des restrictions de voyage et un gel des avoirs décidés par l’Union africaine.

 

Inculpé dès juin 2013 par la justice guinéenne, il a comparu devant le tribunal criminel de Dixinn dans le cadre du procès historique sur les événements du 28 septembre. En novembre 2023, son évasion spectaculaire de la maison centrale de Conakry, orchestrée par un commando armé avait provoqué une onde de choc. Les autorités avaient alors promis une récompense pour sa capture.

 

Arrêté en septembre 2024 au Libéria, il sera extradé vers Conakry et conduit à la prison civile de Coyah pour purger sa peine.

 

Décès en détention et autopsie ordonnée

 

Dans un communiqué publié ce 6 janvier 2026, le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry a annoncé le décès de Claude Pivi des suites d’un coma hypoglycémique. Selon les autorités judiciaires, le détenu souffrait de plusieurs pathologies chroniques, notamment le diabète, l’hypertension artérielle et la goutte, pour lesquelles il bénéficiait d’un suivi médical.

 

La non-observance de son traitement aurait entraîné une hypoglycémie sévère le 4 janvier 2026, nécessitant son évacuation d’urgence à l’hôpital militaire du camp Almamy Samory Touré. Après deux jours de soins intensifs, son décès a été constaté ce mardi, 6 janvier 2026.

 

Afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes de cette mort, une autopsie médico-légale a été ordonnée. Les résultats feront l’objet d’un communiqué ultérieur, a précisé le Parquet général, qui a présenté ses condoléances à la famille du défunt et au peuple de Guin

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