Faya Millimouno, sentinelle critique du processus référendair
Depuis que le régime de transition guinéen a annoncé l’organisation d’un référendum constitutionnel le 21 septembre 2025, l’opposition, et en particulier le président du Bloc Libéral (BL), Dr Faya Lansana Millimouno, tient un rôle central. Il ne se contente pas de dénoncer le projet de constitution : il interroge la manière dont tout le processus est mené — recensement, rédaction, campagne — et appelle les citoyens à rester vigilants.
Ses principales inquiétudes
1. Le projet de constitution jugé déséquilibré
Millimouno considère que le texte proposé renforce exagérément le pouvoir exécutif, affaiblit les institutions de contrôle (législatif, judiciaire) et risque de consacrer une très grande centralisation.
2. Absence de dialogue sérieux et inclusion politique
Il critique le manque de concertation avec les partis politiques, en particulier pour les questions essentielles : rédaction du texte, choix du recensement, organisation des élections, etc. Pour lui, la transition ne doit pas imposer, mais associer.
3. La peur d’une dérive monarchique
Le terme revient plusieurs fois dans ses déclarations : il redoute que le régime ne prépare en vérité l’intronisation d’un pouvoir quasi absolu, sans contre-pouvoir véritable. Le projet constitutionnel, selon lui, donne tous les leviers au président, sans garanties suffisantes.
4. Le recensement électoral : point sensible
Millimouno souligne que le recensement, base de tout scrutin, commence sans que tous les acteurs soient associés. Il craint des manipulations dès cette étape : distribution des kits, effectifs, formation, etc.
5. L’administration comme acteur politique
Une de ses critiques majeures : l’administration agissant, selon lui, non pas comme un organe neutre, mais comme un acteur de soutien au régime. Cela, d’après lui, compromet l’équité du processus.
Sa stratégie
Appel au « Non » mais pas au boycott
Contrairement à d’autres partis d’opposition qui prônent le boycott, Millimouno appelle les Guinéens à voter « Non ». Il souhaite que le vote se fasse, qu’il y ait participation, parce que rejeter officiellement le texte est pour lui une étape incontournable.
Mobilisation locale
Il insiste sur la nécessité pour les militants et sympathisants du BL de s’impliquer sur le terrain : faire du porte-à-porte, encourager les citoyens à s’inscrire, vérifier le bon déroulement du recensement et de la campagne.
Références historiques
Millimouno aime rappeler le « Non » historique de 1958 comme un exemple de révolte contre l’injustice, pour encourager les Guinéens à rejeter ce qu’il considère comme une constitution arbitraire.
Les limites et les défis
Suspension de partis, censure, manque de liberté de réunion
Plusieurs partis ou leaders d’opposition (UFDG, RPG-Arc-en-ciel) sont suspendus ou interdits de manifester, ce qui limite la capacité à débattre largement.
Encadrement des médias
La Haute Autorité de Communication impose des règles strictes sur la propagande, et plusieurs radios/télévisions privées seraient fermées pour non-respect de règles ou via des suspensions. Le champ médiatique indépendant est donc restreint.
Doute sur la sincérité de la transparence
Les promesses faites par la transition, les annonces de dates, l’implication des acteurs, sont selon Millimouno souvent suivies de retards ou d’actes posés sans mesures claires de vérification ou de contrôle.
Son observation finale
Pour Faya Millsimouno, ce référendum n’est pas seulement un texte de loi ; c’est un baromètre de la démocratie guinéenne. Il voit dans la manière dont les choses se déroulent une confirmation que le régime en place manque de sérieux, de respect pour les institutions et pour les principes démocratiques.
Quel que soit le résultat, il estime qu’il est de son devoir, et de celui de tous les Guinéens engagés, de faire savoir que ce texte constitutionnel est contestable, et de poser les jalons pour exiger plus de transparence, de participation, et surtout de respect de la voix du peuple.
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Information recueillies par Guinéematin.com