Formation du gouvernement en Guinée : la question de l’exclusion des cadres de l’intérieur relancée

Formation du gouvernement en Guinée : la question de l’exclusion des cadres de l’intérieur relancé
Au moment où la Guinée traverse une phase décisive de composition et de recomposition gouvernementale, une voix de plus en plus insistante s’élève au sein de l’opinion publique : les habitants de l’intérieur du pays seraient marginalisés dans l’accès aux hautes fonctions de l’État.
Dans de nombreuses localités de l’intérieur — de la Haute-Guinée à la Guinée forestière, en passant par la Moyenne-Guinée — le constat est largement partagé : les cadres issus de ces régions, pourtant compétents et formés, peinent à accéder aux postes ministériels et stratégiques. Une situation que certains qualifient d’héritage mal assumé de l’après-indépendance.
🧭 Une erreur historique jamais totalement corrigée
Depuis l’indépendance, la centralisation du pouvoir autour de la capitale a progressivement créé un déséquilibre dans la représentation nationale. Les grandes décisions politiques et administratives ont souvent été confiées à des profils évoluant à Conakry, au détriment de cadres enracinés dans l’intérieur du pays, pourtant au contact direct des réalités sociales, économiques et culturelles.
Pour de nombreux observateurs, cette orientation historique a nourri un sentiment d’exclusion, fragilisé la cohésion nationale et creusé le fossé entre le centre et les périphéries.
👥 Des compétences ignorées à l’intérieur du pays
Universitaires, ingénieurs, médecins, enseignants, entrepreneurs locaux : le potentiel humain de l’intérieur de la Guinée est considérable, mais reste insuffisamment valorisé dans les sphères de décision. Cette absence soulève une question centrale :
Peut-on gouverner durablement un pays sans intégrer équitablement toutes ses composantes territoriales ?
⭐ Une opportunité historique pour le général Mamadi Doumbouya
Dans ce contexte, plusieurs voix estiment que le général Mamadi Doumbouya détient aujourd’hui une occasion historique de corriger cette trajectoire héritée de l’indépendance. La transition actuelle est perçue comme un moment charnière, capable de refonder les bases de la gouvernance nationale sur des critères de mérite, d’équité territoriale et de justice sociale.
Corriger cette “erreur du passé”, ce ne serait pas seulement nommer des ministres issus de l’intérieur du pays, mais reconnaître symboliquement et politiquement la valeur de toutes les régions de la Guinée.
🔎 Un enjeu de cohésion et de crédibilité nationale
La composition du gouvernement n’est pas un simple exercice administratif. Elle envoie un message fort à la nation. Une représentation équilibrée renforcerait la confiance des populations, encouragerait la participation citoyenne et consoliderait l’unité nationale.
Alors que les attentes sont fortes, l’opinion publique observe attentivement les choix à venir. Pour beaucoup, l’inclusion des cadres de l’intérieur n’est plus une faveur, mais une exigence républicaine.
👉 La transition saura-t-elle transformer cette revendication en acte politique concret ?
La réponse se jouera dans la composition finale du gouvernement et dans la vision de l’avenir que les autorités actuelles souhaitent bâtir pour la Guinée.

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