Mandiana se lève : les jeunes manifestent pour la poussière, l’électricité et l’inter-connexion

  1. Mandiana se lève : les jeunes manifestent pour la poussière, l’électricité et l’inter-connexio

C’est sous un ciel rougeoyant de fin d’après-midi que des centaines de jeunes de Mandiana, dans la région de Kankan, se sont rassemblés ce vendredi pour manifester. Le motif : trois doléances majeures portées à voix haute.

Une ambiance électrique

Le rassemblement a été spontané mais organisé. Des mégaphones, des slogans scandés à l’unisson : « On aime le président général Mamadi Doumbouya, mais nous avons trop souffert ». Le ton est respectueux mais déterminé. Les manifestants réclament :

  • l’assainissement de l’importante quantité de poussière qui s’élève dans les rues de Mandiana,
  • une fourniture stable et suffisante d’électricité,
  • l’inclusion de « Mandiana » comme nom retenu dans le cadre d’un projet d’inter-connexion dont ils disent être exclus ou oubliés.

Les causes à l’origine de la colère

1. La poussière omniprésente
Plusieurs habitants interrogés soulignent que les routes non asphaltées, le passage fréquent de camions et l’absence de revêtement adéquat font de la poussière une nuisance quotidienne : « On respire la poussière, les enfants toussent, les lunettes se couvrent de terre… » indique l’un des porte-parole. Cette situation impacte visiblement la qualité de vie locale.

2. Le manque d’électricité
Mandiana, pourtant chef-lieu de préfecture, demeure confrontée à des coupures fréquentes ou à une absence totale de courant dans certains quartiers. Les manifestants estiment que les promesses de développement ne sont pas suivies d’effet concret, ce qui les conduit à exiger des solutions « avant toute élection ».

3. « Non retenu le nom Mandiana dans l’affaire d’inter-connexion »
Le troisième point porte sur un projet d’inter-connexion (électrique ou infrastructurel) dont le nom « Mandiana » ne figure pas ou la localité n’aurait pas été suffisamment considérée. Les jeunes demandent à être explicitement intégrés dans ce type de programmes pour bénéficier des retombées.

Une condition claire : « pas d’élections tant que… »

Le message principal est sans ambiguïté : « Nous aimons le président général Mamadi Doumbouya, mais… ».
Les manifestants proclament que, tant que ces trois problèmes ne seront pas réglés, « pas d’élections à Mandiana ». Cela constitue une forte revendication : ils mettent la tenue d’élections locales ou partielles comme levier pour obtenir des réponses.

Réactions et enjeux

Si la manifestation est pacifique, elle envoie un signal fort aux autorités : à Mandiana, les attentes citoyennes en matière de services publics sont vives et le climat social fragile. Le fait que les jeunes prennent la parole de cette manière indique un désir de participation et d’être pris en compte.
Le gouvernement, et plus précisément les responsables en charge de l’énergie, des infrastructures, et de la décentralisation, sont ainsi appelés à réagir rapidement pour éviter un sentiment d’abandon ou de marginalisation qui pourrait s’accroître.

Conclusion

Aujourd’hui à Mandiana, l’heure est à l’action. Les jeunes de la préfecture ont choisi d’affirmer leur attachement au pouvoir actuel tout en exigeant des résultats concrets. La poussière, l’électricité et l’inter-connexion ne sont pas de simples revendications techniques : elles sont perçues comme des symboles de reconnaissance et de développement pour une localité qui se sent parfois à l’écart.
L’issue de cette mobilisation dépendra de la capacité des pouvoirs publics à répondre — et vite — aux attentes exprimées.

— Reportage depuis Mandiana, pour Rédaction Conakry.

Reportage Abou Anelka Diakite 624 83 80 97

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