Reportage : Le silence préoccupant de la HAC et du ministère de la Justice face aux propos communautaires de Nouman Kouyaté

Reportage : Le silence préoccupant de la HAC et du ministère de la Justice face aux propos communautaires de Nouman Kouyat

La Guinée, forte de sa diversité culturelle et linguistique, est confrontée une fois de plus à une montée inquiétante de discours communautaires. La récente sortie de Nouman Kouyaté, populaire animateur de l’émission « Lambatigui » sur la télévision nationale, a relancé les débats sur la responsabilité des médias et la régulation des propos publics.

Dans une courte vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Nouman Kouyaté s’est attaqué à la communauté koniaké, une composante essentielle du tissu social guinéen. Cette intervention indigne une large partie de l’opinion nationale, notamment au sein de la communauté visée, qui se dit choquée et frustrée par cette agression verbale.

RTG, dignité et devoir d’exemplarité
En tant qu’animateur d’une émission phare de la RTG — média public — Nouman Kouyaté est soumis à un devoir d’exemplarité. « Lambatigui », le titre même de son émission, symbolise dans la tradition malinké le respect de la parole donnée et l’harmonie sociale. Que cette plateforme serve aujourd’hui de relais à des propos sectaires pose question.

Où est la HAC ?
La Haute Autorité de la Communication (HAC), garant de la déontologie dans les médias, demeure silencieuse. Pourtant, elle n’a pas hésité par le passé à suspendre des émissions ou à sanctionner des journalistes pour des manquements bien moins graves. Le silence de la HAC face à un discours de nature communautaire, diffusé par l’un de ses agents, fragilise son image de régulateur impartial.

Le ministère de la Justice face à un impératif légal
Au-delà de la question médiatique, les propos tenus constituent une offense publique à caractère ethnique. Ils relèvent du Code pénal et de la loi sur la cybercriminalité. La justice, pourtant prompte à agir dans des situations antérieures — comme lors de l’affaire du préfet de Djelibakoro — semble ici inerte. Depuis le départ du ministre Charles Wright, plusieurs acteurs pointent une perte de rigueur dans la lutte contre les dérives communautaires.

Réappropriation de l’héritage mandingue
Il est urgent que les pouvoirs publics, notamment le ministère de la Culture, entreprennent une action symbolique forte : la tenue d’un forum sur l’histoire et les valeurs du Mandingue. Les griots, dépositaires de la mémoire collective, se doivent de rester les garants de l’unité et non les vecteurs de discorde.

Appel à la responsabilité
Le cas Nouman Kouyaté dépasse la personne de l’animateur. Il situe les institutions face à leurs responsabilités. Il s’agit de préserver la cohésion nationale et d’endiguer des discours qui, à terme, pourraient infiltrer et fracturer le tissu social.

L’unité est un héritage, mais aussi une responsabilité. Que la HAC et le ministère de la Justice en soient les gardiens.

Abou Anelka Diakite 624 83 80 97

Faralako (Mandiana)

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