Santé rurale : Kèmodou, un village oublié où les femmes enceintes sont transportées à moto
📍 Préfecture de Kérouané, sous-préfecture de Sibiribaro
✍️ Par la rédaction de KONOMA GUINÉE / Correspondance spéciale
—
Dans le district de Kèmodou, relevant de la sous-préfecture de Sibiribaro (préfecture de Kérouané), les habitants vivent une détresse sanitaire profonde. Ce grand village, pourtant peuplé et dynamique, ne dispose d’aucun poste de santé, exposant ainsi la population — surtout les femmes enceintes et les enfants — à des risques graves faute de soins de première urgence.
Selon les témoignages recueillis sur place, les malades sont contraints de parcourir plusieurs kilomètres pour atteindre Sibiribaro ou Banankoro, les localités les plus proches disposant d’un centre de santé.
🎙️ Famoro Camara, représentant de la notabilité de Kèmodou, décrit une réalité alarmante :
> « Nous n’avons pas de poste de santé chez nous ici. Quand les gens tombent malades, nous sommes obligés d’aller à Sibiribaro ou à Banankoro. Nous souffrons énormément. Nous transportons les femmes enceintes sur la moto pour Sibiribaro. Il n’y a pas d’endroit de consultation, ni de lieu où acheter des médicaments. Dans ce gros village, il n’y a pas de poste de santé », a-t-il confié avec amertume.
Mais le manque d’infrastructures sanitaires n’est qu’une partie du problème. Les routes, quasiment impraticables, aggravent la situation. Les évacuations deviennent de véritables parcours du combattant.
> « En partant avec les femmes enceintes, on va doucement à cause des cailloux sur la chaussée. Cela fait longtemps que la route n’a pas été réhabilitée. La machine ne vient plus chez nous », poursuit-il.
Face à cette réalité, les habitants lancent un appel pressant aux autorités locales, au ministère de la Santé et aux organisations humanitaires pour la construction d’un poste de santé dans cette localité enclavée.
« Nous demandons à l’État et aux bonnes volontés de penser à nous. Nous avons besoin d’un poste de santé pour sauver des vies », conclut Famoro Camara, la voix trembla
.
