Siguiri : Détournement présumé de 3 milliards GNF à Sèkè Bida — le Sotikémo exige justice, le président du district suspend
Un coup de tonnerre dans la localité
La quiétude relative du district de Sèkè Bida, dans la préfecture de Siguiri, est violemment ébranlée par une grave accusation : un détournement de fonds publics à hauteur de 3 milliards de francs guinéens. Ce montant, destiné aux projets de développement local, aurait été « évaporé » du budget communal, provoquant l’indignation des populations et l’intervention du Sotikémo local.
Selon nos sources, ce dossier comporterait des irrégularités telles que des factures gonflées, des dépenses non justifiées, et même des travaux qui n’auraient jamais été exécutés ou partiellement réalisés.
Le Sotikémo réclame la lumière
Face à ce qu’il qualifie de « lèse-honneur » pour sa communauté, Elhadj Djigui Condé, le Sotikémo de Sèkè Bida, monte au créneau. Il lance un appel ferme à la justice :
« Nous ne pouvons accepter que l’honneur de notre population soit bafoué par des actes impunis. Que la justice se saisisse du dossier … »
Il demande notamment :
- Un audit indépendant des comptes du district ;
- La publication transparente des états financiers ;
- La sanction des responsables, s’ils sont reconnus coupables ;
- Et il menace, si nécessaire, de saisir la police ou la gendarmerie.
Suspension du bureau du district
Alerté de la situation, le préfet de Siguiri aurait convoqué les parties en présence et pris une décision forte : la suspension du bureau du district de Sèkè Bida. Cette mesure est censée instaurer le calme administratif le temps que l’enquête progresse.
La défense de Kabinet Sidibé
Mis en cause dans cette affaire, Kabinet Sidibé, président du district suspendu, rejette les accusations et se défend vigoureusement :
« Comment on peut avoir 3 milliards GNF, mais c’est faux. Je suis en train de construire deux bâtiments au poste de santé, j’ai fait un forage à l’école primaire, des nouveaux tables-bancs … »
Il affirme que plusieurs actions concrètes ont été initiées dans le district : construction de bâtiments publics, forage, fourniture de tables-bancs, etc. Il évoque également une enveloppe mensuelle de 50 millions GNF aux sages au titre du « prix de cola », ainsi que la prise en charge des enseignants.
Enjeux sociopolitiques
Cette affaire dépasse largement le simple cadre administratif local. Elle soulève des questions de :
- transparence et redevabilité à l’échelle locale ;
- confiance des populations envers leurs responsables ;
- capacité de l’État à sanctionner les abus, même dans les zones rurales éloignées ;
- risques de tensions sociales si l’affaire n’est pas traitée avec sérieux.
Le Sotikémo lui-même, gardien des traditions et de la paix sociale, semble déterminé à ce que justice soit rendue, non seulement pour sanctionner les fautifs — s’il y en a — mais pour restaurer la dignité de la collectivité qu’il représente.
À surveiller
Dans les prochains jours, il faudra suivre :
- La nomination d’une ou de plusieurs personnes chargées de mener l’enquête judiciaire ou administrative.
- La publication des audit(s) et des rapports comptables du district.
- Le sort réservé à Kabinet Sidibé : sera-t-il formellement inculpé, relaxé ou remplacé ?
- Les réactions des habitants de Sèkè Bida : participation, mobilisations pacifiques, appels à la justice.
- Les actions que prendra le ministère de l’Administration du territoire ou le ministère de la Justice face à ce scandale dans une région souvent perçue comme éloignée des regards du pouvoir central.
Conclusion
L’affaire du détournement de 3 milliards GNF à Sèkè Bida met en lumière les failles persistantes dans la gestion des finances locales en Guinée. Elle offre aussi une occasion test pour les institutions nationales de prouver leur engagement envers la bonne gouvernance, même dans les zones les plus reculées.
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information recueillies par Guinéematin.com
Reportage Abou Anelka Diakite 624 83 80 97